Homo Faber, The future of Craftsmanship

De retour d’Homo Faber à Venise, où nous avons installé l’atelier de Duvelleroy jusqu’au 30 septembre, je partage avec vous mon enthousiasme devant une initiative historique pour les métiers d’art. Cette Biennale de l’excellence a été pensée par la fondation Michelangelo, co-fondée par Yohann Rupert et Franco Cologni, comme l’exposition du meilleur du savoir-faire européen. 4000m2 répartis dans 15 espaces tels que le cloître, l’ancienne piscine, la bibliothèque… ont été confiés à des curators tels qu’India Mahdavi, Judith Clark, Jean Blanchart, Nicolas Bos ou Alain Lardet. Chacun a eu à cœur de montrer l’excellence des savoir-faire dans une perspective extrêmement contemporaine mais sans jamais quitter l’aspect concret et profondément humain qui caractérise nos métiers.

Ebéniste, brodeur, céramiste, restaurateurs, doreurs, verrier, éventailliste, sertisseur, glypticien, lunetier, sellier, designer ont parfois confié un objet ou parfois déplacé une partie de leur atelier pour partager la spécificité de leur savoir-faire et le faire résonner d’un métier à l’autre, d’une matière à l’autre.

Cette cohabitation donne lieu à des échanges esthétiques et parfois très pratiques.Ainsi, Christian Bonnet, maître d’art lunetier et expert de l’écaille nous a réparé un brin d’éventail en marqueterie de paille ennobli par Lison de Caune parce qu’il avait sur place la bonne colle et le bon souffleur.

Pour la première fois, les artisans sont mis à l’honneur non pas comme des petites mains folkloriques et anonymes mais comme des experts, des créateurs,des êtres humains doués de talents exceptionnels. Les plus grandes Maisons nomment et valorisent leurs chefs d’ateliers, leurs maîtres d’art, leurs compagnons. Et, juste à côté d’elles, les petites Maisons comme Duvelleroy témoignent du renouveau d’un savoir-faire disparu grâce au goût et à la vision de clients d’exception.

120 young ambassadors ont été recrutés dans les meilleures écoles de design et de savoir-faire en Europe. Ce sont les artisans d’art de demain et ils servent de médiateurs expliquant les gestes, les matières et les élans créatifs. Cette population joyeuse et émerveillée par sa chance, est le sang qui donne vie à cet Homo Faber.

Je partage à travers cet article les mots de Yohann Rupert, CEO de Richemont, en réponse à Suzy Menkes, papesse de la mode. Ensemble, ils conviennent que les métiers d’art par leur humanité et leur beauté sont à la fois stratégiques pour le futur des Maisons de luxe et vitaux pour l’accomplissement de l’humanité. « Crafting a more human future » est le sous-titre de cette Biennale qui marque un tournant historique pour le secteur des métiers d’art.

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